Suite au meurtre de Daphné Boudreault, plusieurs articles ont été écrits pour expliquer les faits, pour essayer de comprendre comment cela a pu se produire. Un blogue nous a plus particulièrement interpellé, soit celui de Simon Lapierre, professeur à l’École de service social de l’Université d’Ottawa. Il s’interrogeait sur le travail des policiers et des autres acteurs du système de justice dans les situations de violence conjugale. Pour lui, la violence conjugale est toujours vue à travers les actes de violence commis par un individu et non en fonction des dynamiques complexes entre l’agresseur et la victime.

‘’Avec le temps, les femmes peuvent en venir à se sentir totalement sous l’emprise de l’agresseur, au point où ce dernier ne ressent plus nécessairement le besoin d’avoir recours aux actes de violence pour établir son autorité. Un regard, un signe ou un mot peut parfois être suffisant pour que l’agresseur réaffirme son pouvoir sur la victime‘’

De plus, selon l’auteur américain Evan Stark, on devrait centrer notre analyse de la violence conjugale sur la notion de contrôle coercitif et non sur les actes de violence en tant que tel. ‘’Ainsi, tout en documentant les actes de violence, qui peuvent constituer des actes criminels, il s’avère essentiel de considérer également les diverses tactiques utilisées par les agresseurs pour contrôler leur conjointe ou leur ex-conjointe, la priver de liberté et la dépouiller de son estime d’elle-même.’’ Il peut s’agir d’isoler la personne, la manipuler, la dénigrer, la critiquer ou la surveiller constamment. Chaque acte ou parole pris séparément n’est pas considéré comme un acte de violence ou un acte criminel, mais l’accumulation de ceux-ci permet à l’agresseur d’augmenter ou de maintenir son emprise sur sa conjointe ou son ex-conjointe. Cette emprise est difficile à briser pour la femme qui en est victime. Les intervenantes de l’Accueil pour Elle sont outillées pour les aider à briser ce cycle de la violence. N’hésitez pas à les contacter au 450-371-4618.

 

Source : Les Blogues. Simon Lapierre professeur à l’École de service social de l’Université d’Ottawa. Meurtre de Daphné Boudreault : Mieux comprendre la violence conjugale. Huffington Post.