Dans l’imaginaire collectif, la violence conjugale, c’est toujours « frappant ». Il ne peut y avoir de violence conjugale sans blessures physiques. Souvent, les gens pensent que s’il ne te frappe pas c’est moins grave et qu’il n’y a rien à faire, c’est son tempérament.

Mais c’est totalement faux, la violence physique ne représente qu’une partie de toutes les formes de violence qui sont vécues dans un couple. En ce moment, avec le confinement dû à la pandémie, on remarque une augmentation de la violence conjugale, sous toutes ses formes.

La violence conjugale

Selon la politique d’intervention en matière de violence conjugale : Prévenir, dépister, contrer la violence conjugale de 1995*1, « la violence conjugale comprend les agressions psychologiques, verbales, physiques et sexuelles ainsi que les actes de domination sur le plan économique. Elle ne résulte pas d’une perte de contrôle, mais constitue, au contraire un moyen choisi pour dominer l’autre personne et affirmer son pouvoir sur elle. »

De plus, sur le site internet du Gouvernement du Québec*2, la violence conjugale constitue un déséquilibre dans la répartition du pouvoir entre les partenaires. Un des deux partenaires prend le contrôle de l’autre et adopte des comportements nuisibles.

En résumé, la violence conjugale c’est…

  • un manque de respect envers l’autre (l’insulter, le rabaisser, etc.) ;
  • d’empêcher l’autre d’aller à certains endroits ou de faire des activités (voir des amis, aller au cinéma, etc.) ;
  • de forcer l’autre à faire des choses dont il n’a pas envie (porter un certain type de vêtement, ne plus fréquenter ses amis, avoir des relations sexuelles, etc.).

La violence psychologique est la première forme qui apparait dans une relation, car elle est la plus subtile. Elle est cependant la plus destructrice pour l’estime de soi de la victime.

Ainsi, la violence dans un couple commence tout d’abord par des remarques blessantes ou dénigrantes dans le but de faire sentir l’autre inférieur.

Exemples de violence psychologique

  • « Mon copain me rend responsable de tout »
  • « Mon conjoint me critique tout le temps ».

Par la suite, les menaces, le chantage, l’intimidation, le mépris etc. maintiennent la victime dans la peur de ce qu’il va faire et/ou dire. Il peut alors être difficile pour une victime de violence conjugale de l’identifier.                                                  

Exemples de violence verbale

  • « Mon chum me trouve souvent conne »
  • « Mon mari m’empêche de faire un tas de trucs »

La femme peut commencer à s’isoler, soit à la demande de son conjoint, soit pour éviter les chicanes. Il peut aussi l’inciter à ne pas travailler pour le bien-être de la famille. En ce temps de pandémie, il est facile pour le conjoint de convaincre sa femme de rester à la maison pour sa sécurité.

Exemples de violence sociale

  • « Mon chum me dit que j’ai changé depuis que je travaille »
  • « Mon chum me boude quand je vais voir ma famille »

L’aspect financier n’est pas à négliger. Lorsqu’il y a de la violence conjugale, il n’y a pas d’égalité au niveau des finances. Plusieurs exemples peuvent démontrer le déséquilibre entre les deux conjoints. Le conjoint peut payer toutes les dépenses, mais en échange c’est à lui seul de prendre toutes les décisions. Le conjoint critique toutes les dépenses ou demande des factures pour justifier chaque dépense.

Exemple de violence économique

  • « Mon chum critique toutes mes dépenses. »
  • « C’est lui qui paye tout, c’est normal que je fasse tout dans la maison.

On oublie trop souvent que le contrôle que peut exercer le conjoint peut s’appliquer aussi à la religion.  Il peut nous obliger à pratiquer sa religion et/ou nous interdire de pratiquer la religion de notre choix. Tout notre système de croyance peut être bouleversé par les propos, attitudes de notre conjoint.

Exemple de violence spirituelle

  • « Mon chum m’oblige à aller à la messe tous les dimanches. »
  • « Mon chum me niaise quand je parle de mon dieu. »

Il peut la menacer d’aller voir ailleurs si elle ne répond pas à tous ses désirs sexuels. Il peut la dénigrer sur son apparence, sur son habillement, etc. Il peut l’obliger à avoir des relations sexuelles avec lui tous les jours.

Exemple de violence sexuelle

  • « Je lui dois ben ça pour tout ce qu’il fait pour moi. »
  • « Si j’étais plus belle, il ne serait pas tenté par les autres femmes. »

Généralement, c’est à ce moment que la violence physique s’installe lorsque les autres formes sont bien présentes dans la relation.

Exemple de violence physique

  • « Il a juste frappé dans le mur, fallait que ça sorte. »
  • « Je le sais qu’il ne faut pas que je le provoque. »

Plus le temps passe et plus les épisodes de violence conjugale augmentent et deviennent de plus en plus grave. La violence peut aller jusqu’au meurtre et/ou le suicide d’un des deux partenaires. Il est donc important de briser la chaîne de violence et d’aller chercher de l’aide quand on réalise qu’on en vit. N’hésitez pas à nous contacter au 450-371-4618.

 

*1 Source : MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX. Politique d’intervention en matière de violence conjugale : Prévenir, dépister et contrer la violence conjugale. 1995
*2 Source : Site internet du Gouvernement du Québec https://www.quebec.ca/famille-et-soutien-aux-personnes/violences/violence-conjugale/