Lorsque l’on côtoie ou que l’on écoute une femme victime de violence conjugale, il est important entre autres, d’être conscient de l’impact qu’ont nos paroles sur cette femme.

Dans le jargon des intervenantes, on parle de victimisation secondaire. Turgeon* la définit comme « les réactions négatives envers la victime d’une agression de la part des personnes à qui elle parle de l’agression, se confie ou demande de l’aide . Même si elles ne visent pas toujours à blesser la victime, ces réactions négatives souvent non intentionnelles peuvent avoir des effets négatifs et douloureux sur elle » : on ne la croit pas, on minimise son traumatisme, on lui attribue une responsabilité pour ce qui s’est passé, on la blâme, on associe son malaise à son état de santé mentale, on la médicamente, on diminue son estime de soi, etc.

Exemple de victimisation secondaire :

– Dire à une personne d’oublier son passé et d’aller de l’avant.

– Décider pour la personne.

– Faire sans cesse répéter à la personne son histoire.

– Obliger une personne de dormir alors qu’elle a des cauchemars qui lui font revivre son agression. ETC.

Pour éviter de faire de la victimisation secondaire, on peut questionner la femme afin de mieux comprendre sa situation. Il est important aussi de la croire même si ce qu’elle nous raconte semble incroyable. Il ne faut pas l’infantiliser et vouloir décider pour elle de ce qui serait bon ou non. De plus, on doit se rappeler que la violence conjugale peut avoir sur elle de nombreuses conséquences physiques et psychologiques.

 

* TURGEON, Joane, État de la situation chez les femmes qui consultent des ressources d’aide au Québec, dans Femmes, psychiatrie et victimisation secondaire : vers un changement de culture, actes du colloque provincial, Longueuil, 2004, p. 27.

Source : AGIDD-SMQ. Lutter contre la victimisation secondaire : une question de droits. Juin 2010