Plusieurs personnes associent la colère à la violence. Pour les femmes dans nos ateliers d’estime de soi, exprimer sa colère c’est généralement avoir des comportements violents. Pour la plupart, la colère ne peut pas être positive et ne peut pas être associé à l’affirmation.

Peut-on réellement exprimer sa colère sans avoir de comportements violents ? La colère peut-elle ne pas être synonyme de violence ?

En fait, c’est quoi la colère ?

Selon le site internet Naître et grandir, « la colère est une émotion qui est une réaction spontanée à une situation. Elle peut entraîner une manifestation physique (pâleur, rougissement, agitation, accélération des battements cardiaques et du rythme respiratoire, transpiration, etc.) et psychologique (pensées négatives ou positives, changement d’humeur) qui dure peu de temps contrairement à un sentiment qui est un état affectif plus durable qui évolue avec le temps. » (Vallerand, 2014)

Si on se base sur cette définition, on peut réagir à la situation qui nous dérange de différentes façons. On peut faire le choix « d’exploser » ou de prendre une grande respiration et d’exprimer notre émotion et notre besoin.

À quoi ça ressemble la colère ?

 Il n’y a pas de réponse universelle, bien entendu. Cependant, essayons d’imaginer une personne en colère. Pour plusieurs personnes, ce serait quelqu’un qui crie, qui parle fort, qui a le visage rouge, qui essaie d’intimider ou de dénigrer l’autre par ses gestes ou ses paroles. La personne en colère peut aussi frapper fort sur la table, lancer des objets ou être brusque.

De plus, pour le CRIVIFF*1 (2014), la colère est souvent donnée comme excuse pour justifier des comportements violents. Par contre, la colère peut si elle est bien gérée, nous permettre d’affirmer et d’exprimer nos sentiments/besoins. Ainsi, puisque la colère est une émotion au même titre que les autres, nous avons le droit de l’exprimer. Nous pouvons en revanche faire le choix de l’exprimer sans violence.

Comment peut-on l’exprimer de façon saine ?

Pour que notre colère soit saine, nous devons la canaliser de la bonne façon et l’exprimer dans le respect de soi et de l’autre, donc sans violence.

Nous pouvons tout d’abord prendre un temps pour nous recentrer sur ce que l’on ressent et ensuite nommer, avec bienveillance, notre malaise et/ou notre frustration à la personne. Avec un peu de pratique, nous serons capables de nous exprimer plus facilement et nous améliorons la gestion de notre colère. Bien l’exprimer est primordial pour mieux nous sentir et parfois être mieux entendu par l’autre.

En terminant, la colère est une émotion qui, si elle est bien exprimée, peut être positive et être synonyme d’affirmation. « Tout peut se dire, tout est dans la façon de le dire. » Cette expression résume bien qu’il est important d’exprimer nos frustrations, mais il ne faut pas oublier de le faire dans le respect.

 

Source :
Vallerand, Nathalie. (2014, février).  Émotions ou sentiments ? Naître et grandir.  https://naitreetgrandir.com/fr/dossier/emotions-de-nos-enfants/emotions-ou-sentiments/
*1 Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes
CRI-VIFF. (2014) Colère, agressivité, conflit et violence : synonymes ? Les enfants exposés à la violence conjugale. https://www.enfants-exposes.criviff.qc.ca/colere-agressivite-conflit-et-violence-synonymes